En quoi la CMR-15 est-elle importante?

22708507925_ed986b7934_zAlors que la Conférence mondiale des radiocommunications #WRC15 a déjà accompli plus de la moitié de son parcours, François Rancy, Directeur du Bureau des radiocommunications, évoque l’importance de cette conférence et de certaines des questions majeures déjà examinées par les délégués.

Les radiocommunications jouent un rôle essentiel dans la plupart des technologies actuelles. C’est grâce à elles que vous pouvez utiliser votre téléphone portable ou votre smartphone pour vous connecter à l’Internet en Wi-Fi, écouter de la musique diffusée en Bluetooth, naviguer sur une carte électronique à l’aide du Système mondial de localisation (GPS), regarder la télévision ou écouter la radio dans votre voiture, ou encore vous informer des prévisions météorologiques.

Pour fonctionner, toutes ces applications utilisent une ressource commune: le spectre des fréquences radioélectriques, qui est une ressource mondiale limitée, partagée entre tous les services utilisant des ondes radioélectriques pour prendre en charge de nouvelles applications, des utilisateurs toujours plus nombreux et un trafic en augmentation. Compte tenu de son importance, le spectre doit être géré de manière adéquate afin que ces services et applications puissent fonctionner harmonieusement.

A un moment où le secteur des radiocommunications est en pleine évolution, il est nécessaire que tous les pays se réunissent régulièrement afin de faire en sorte que les réglementations internationales régissant l’utilisation du spectre soient mises à jour et améliorées de façon uniforme au niveau mondial. Cela revêt d’autant plus d’importance pour la surveillance des ressources terrestres, des changements climatiques et de tous les aspects essentiels à la durabilité de la vie sur la Terre.

Convoquée tous les trois à quatre ans, la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR) a pour mandat d’examiner le Règlement des radiocommunications, qui est le traité international régissant l’utilisation du spectre des fréquences radioélectriques et des orbites de satellite, et de le réviser, si nécessaire, compte tenu de l’évolution rapide des technologies de l’information et de la communications (TIC). La conférence fait en sorte que des services de radiocommunication fiables soient mis à la disposition de tous, partout et à tout moment, afin que tout un chacun puisse vivre et se déplacer en toute sécurité, en bénéficiant de services de radiocommunication très performants et durables.

Plus de 3 000 délégués provenant de quelque 160 pays du monde entier se réunissent à Genève du 2 au 27 novembre pour examiner les principales questions concernant l’utilisation du spectre et des créneaux d’orbite de satellite, afin de renforcer les communications à l’échelle mondiale. Il est particulièrement important d’identifier des fréquences additionnelles pour l’utilisation du large bande mobile, également appelé “télécommunications mobiles internationales” (IMT). Attribuer davantage de fréquences aux IMT permettra de répondre aux besoins liés à l’augmentation rapide du trafic mobile large bande.

Il est tout aussi important de veiller à ce qu’une quantité suffisante de spectre soit mise à disposition, compte tenu de l’évolution récente des communications par satellite, des systèmes d’aéronef non habité, ou drones, de l’exploration de la Terre, des services d’urgence ou des radars automobiles.

La CMR-15 est parvenue à un accord concernant l’attribution de fréquences radioélectriques pour le suivi des vols à l’échelle mondiale pour l’aviation civile, ce qui permettra aux autorités responsables du trafic aérien de localiser et de suivre les avions en temps réel.

Les pays représentés à Genève déploient tous leurs efforts pour que les intérêts de tous soient pris en compte, de sorte qu’à la fin de la conférence, l’ensemble des 193 Etats Membres signent le nouveau traité découlant des décisions prises par la conférence. Le consensus permet d’assurer que les décisions ne seront pas remises en cause après leur adoption, créant de ce fait un écosystème durable et favorable aux progrès et aux investissements dans les radiocommunications, qui permet également d’éviter que les services fournis à des milliards d’utilisateurs dans le monde entier ne soient victimes de défaillances.

Le Bureau des radiocommunications doit continuer de soutenir le développement durable des TIC en veillant à ce que des fréquences continuent d’être mises à disposition sur le long terme, de façon à ce que l’on puisse avoir l’assurance que les investissements seront protégés pendant les 20 ou 30 années à venir.

Cet article est établi à partir d’un entretien avec M. Rancy, Directeur du Bureau des radiocommunications. L’entretien dans son intégralité peut être consulté ici.

 

François Rancy

rancyRancy a été élu en 2010 par la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT au poste de Directeur du Bureau des radiocommunications (BR) de l’Union internationale des télécommunications, et a été réélu pour un second mandat en 2014 par laConférence de plénipotentiaires de l’UIT de 2014 (PP-14). En tant que Directeur, M. Rancy est chargé de diriger le Bureau des radiocommunications, qui organise et coordonne les travaux du Secteur des radiocommunications, lequel a pour objet d’assurer l’utilisation rationnelle, équitable, efficace et économique du spectre des fréquences radioélectriques et de l’orbite des satellites géostationnaires. Avant de prendre ses fonctions à l’UIT en janvier 2011, M. Rancy était en France Directeur général de l’Agence nationale des fréquences. Depuis 1995, M. Rancy a été Chef ou Chef adjoint de sa délégation nationale à de nombreuses conférences et réunions de l’UIT. M. Rancy est diplômé de l’Ecole polytechnique (1977) et de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications (1979).

 

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