LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES SUR MOBILE ET LA NÉCESSITÉ D’UNE CONVERGENCE COORDONNÉE

dfs-fiVers la création d’un écosystème de services financiers numériques solide, innovant et sécurisé pour les démunis

Grâce au mobile, quelque 70% de la population du Kenya, contre à peine 15% en 2007, a désormais accès aux services financiers. Toutefois, alors qu’environ 96% des paiements dans le pays s’effectuent toujours en espèces, il est évident que la “révolution de l’argent mobile” n’en est qu’à ses débuts.

En 2015, l’UIT accordera une attention croissante au rôle joué par les services financiers numériques (“digital financial services” ou DFS) pour encourager l’inclusion financière, sous l’impulsion du Groupe spécialisé de l’UIT-T sur les services financiers numériques (FG DFS), présidé par la Bill and Melinda Gates Foundation.

https://www.youtube.com/watch?v=72IXLqwKRhc&list=PLpoIPNlF8P2MHOlZvwjQVz_a0vvE3df0P

Cliquer sur le lien ci-dessus pour voir les membres du Groupe spécialisé FG DFS donner leur avis sur la mise en place de l’écosystème DFS.

En préalable aux travaux du Groupe spécialisé, un atelier UIT a été organisé en décembre 2014 pour débattre des enjeux du déploiement des services DFS dans les pays en développement et les économies émergentes.

Un nouveau rapport intitulé “Coordinating Convergence”, récapitule les principaux points abordés dans cet atelier, notamment les spécifications techniques nécessaires au fonctionnement de ces services – par exemple sur les plans de l’interopérabilité et de la sécurité – et les questions relatives aux politiques et à la réglementation, aux modèles économiques durables et à la protection des consommateurs.

A quasiment chaque séance, il a été question des aspects politiques et réglementaires des services DFS et des enjeux de la convergence entre services financiers et technologies de l’information et de la communication (TIC).

Ce thème récurrent a mis en relief la nécessité de renforcer la coordination et le dialogue entre les décideurs dans ces deux secteurs. Cette coordination est d’autant plus cruciale à l’échelle internationale que les transactions numériques transfrontières vont entrer dans les moeurs. Toutefois, la coordination au niveau national est peut-être encore plus importante quand on sait qu’avec l’avènement des services financiers numériques, la convergence des responsabilités des régulateurs à l’intérieur d’un pays devient indispensable.

Le rapport issu des débats organisés dans le cadre de cet atelier définit à l’intention des parties prenantes cinq objectifs communs:

Codifier pour les services DFS une terminologie commune, interprétée uniformément par toutes les parties prenantes. Etablir des définitions communes des termes est une étape fondamentale de toute tentative d’harmonisation, de coordination ou de normalisation. Le Groupe FG DFS accordera la priorité à la codification d’une terminologie commune pour les services financiers numériques, sur la base des travaux entrepris sur le sujet par des organisations telles que l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI), la GSMA et le Comité technique TC68/SC7 de l’ISO sur les opérations bancaires de base.

Parvenir à un consensus sur des architectures de sécurité capables d’assurer une sécurité de bout en bout dans la chaîne de valeur DFS, de plus en plus complexe. Les travaux du Comité technique TC68/SC7 de l’ISO visant à élaborer une norme internationale en plusieurs parties sur les services financiers sur mobile serviront à mettre en place un cadre général en vue d’assurer la sécurité des services financiers sur mobile. La Commission d’études 17 de l’UIT-T (Sécurité) s’est, elle aussi, déclarée intéressée par l’élaboration d’une architecture de sécurité pour les services DFS si le Groupe FG DFS faisait état d’une telle demande.

Faciliter la coordination entre les parties prenantes en encourageant l’utilisation des services DFS dans le cadre de stratégies visant à faire progresser l’inclusion financière. Cette coordination sera un élément déterminant de la vitesse et de l’efficacité du déploiement des services DFS. La communauté internationale, tenue par son engagement en faveur de la coopération, doit s’efforcer d’encourager celle-ci entre les organismes de réglementation concernés dans chaque pays, de même qu’à l’intérieur du secteur privé et entre le secteur public, le secteur privé et les consommateurs.

Améliorer la protection des consommateurs et leur expérience pour donner confiance dans les services DFS. Les défaillances de réseau et l’interruption de transactions affaiblissent la fiabilité des services DFS. Souvent, les utilisateurs ne peuvent pas accéder à leur porte-monnaie numérique ou ignorent si leurs opérations ont été menées à bien. La médiocre qualité de service de certains réseaux peut avoir des inconvénients sérieux pour le consommateur. Les pannes de réseau peuvent inciter les utilisateurs à continuer de se servir d’espèces ou à adopter des comportements à risque, par exemple à transmettre à un agent leur mobile et leur code PIN pour mener à bien la transaction en leur nom lors du rétablissement du réseau.

Partager des équipements clés en vue de mettre en place un environnement concurrentiel, en particulier des réseaux d’agents et des infrastructures, est considéré comme essentiel pour l’évolution à long terme de l’écosystème DFS. En l’absence d’accès équitable aux infrastructures, les obstacles à l’entrée au marché resteraient insurmontables et empêcheraient une saine concurrence. Les participants à l’atelier ont insisté sur la nécessité de reconnaître les avantages des technologies hertziennes mobiles évoluées pour encourager l’adoption et l’utilisation des services DFS, ainsi que sur la nécessité d’ouvrir à tous les acteurs de la chaîne de valeur DFS l’accès aux réseaux de données.

La prochaine réunion du Groupe spécialisé de l’UIT-T sur les services financiers numériques aura lieu au siège de la Banque mondiale à Washington DC (Etats-Unis), les 21 et 22 avril. Je vous invite à vous mettre en rapport avec le secrétariat du groupe pour savoir en quoi vous pouvez contribuer à nos travaux.

polveriniSacha Polverini a rejoint l’équipe FSP (“Financial Services for the Poor”) de la Bill & Melinda Gates Foundation en décembre 2012 en qualité de Responsable principal des programmes – Réglementation et politiques. Il est diplômé de l’Université L.U.I.S.S. Guido Carli de Rome et a un master en études politiques européennes délivré par l’Université libre de Bruxelles. Il a en outre achevé le programme postuniversitaire de gestion de l’Ecole de commerce Solvay à Bruxelles.

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