Manifestation Kaléidoscope: Quand sciences sociales et sciences techniques se rencontrent

kaleidoscope-blogJe me souviens très bien de cette journée en début d’année 2007 où je me suis rendu pour la première fois à l’UIT. La Réunion de consultation concernant la coopération entre l’UIT-T et les universités visait à examiner le lien entre recherche universitaire et normalisation. Notre équipe ayant tout juste achevé le rapport final sur le projet «INTEREST», mené sous l’égide de l’Union européenne et consacré à ce même thème, certains d’entre nous ont immédiatement saisi l’occasion de travailler sur cette question dans le cadre des Nations Unies.

Lors de cette réunion de consultation, nous avons examiné un certain nombre d’idées et de propositions imaginées par le Secteur de la normalisation des télécommunications de l’UIT (UIT-T) pour renforcer la participation des établissements universitaires aux activités de ses différents groupes de travail. L’idée était d’identifier de nouveaux domaines de recherche qui pourraient très rapidement déboucher sur l’élaboration de normes. Il s’agissait à mes yeux d’une démarche très judicieuse, et ce d’autant plus que j’avais alors l’impression – impression que j’ai encore aujourd’hui – que les universitaires n’étaient pas particulièrement bien considérés dans les milieux de la normalisation depuis un certain temps, après la «débâcle» de la normalisation des protocoles d’interconnexion des systèmes ouverts.

L’une des nombreuses idées examinées en 2007 concernait la création d’une conférence à laquelle seraient présentés des articles scientifiques portant non pas sur ce qui venait d’être accompli, mais sur ce que pourrait nous réserver l’avenir à plus longue échéance. Ces articles présenteraient, voire amorceraient, de nouvelles tendances pour les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui se prêteraient à la normalisation.

L’idée des conférences universitaires Kaléidoscope a finalement été la première à être mise en œuvre après cette Réunion de consultation. D’autres recommandations ont été élaborées par la suite, comme celle créant à l’UIT-T une catégorie de membres pour les établissements universitaires. Je me plais à penser que les personnes qui avaient pris part au projet «INTEREST» ont réussi à faire en sorte que les articles portant sur les aspects socio-économiques des normes, des processus de normalisation et des technologies associées aient leur place dans les manifestations Kaléidoscope, au même titre que les articles sur les technologies et l’infrastructure de réseau ou sur les applications et services. S’il est indéniable que l’organisation de conférences rassemblant des ingénieurs, des informaticiens et des professionnels des sciences sociales peut s’apparenter à un numéro d’équilibriste, aux dires de mes collègues qui y ont participé jusqu’à présent, qui pour nombre d’entre eux sont pourtant des techniciens purs et durs, les manifestations Kaléidoscope sont une véritable réussite.

En fait, il s’agit pour moi de la caractéristique la plus importante des conférences Kaléidoscope. S’articulant autour d’un programme ciblé et précis, ces manifestations sont l’occasion pour les techniciens de se pencher sur des articles consacrés aux sciences sociales et pour les sociologues de faire une incursion dans le monde des TIC. En outre, les membres de ces deux communautés ont la possibilité d’échanger et d’examiner les problèmes sous des angles différents. Ce dernier point est un véritable atout, puisqu’après tout, dans le monde de plus en plus complexe dans lequel nous vivons, de nombreux problèmes purement techniques en apparence ont également une dimension socio-économique importante.

Le thème choisi pour l’édition de cette année, «La confiance dans la société de l’information», illustre très bien cette interdépendance des disciplines. La technologie peut-elle contribuer à créer la confiance ? Si tel est le cas, de quelle manière? Peut-on faire confiance à la technologie? Et que pouvons-nous faire face aux soupçons de violation des données et à l’opacité des politiques en matière de vie privée pour que les personnes puissent avoir confiance dans les TIC? La véritable réponse à de telles questions ne saurait être purement technique ou purement sociologique.

Si vous vous intéressez aux problèmes en rapport avec la confiance, la vie privée et la sécurité des données, et si vous souhaitez adopter une approche multidisciplinaire pour les examiner et, peut-être, les résoudre, Barcelone est l’endroit où vous devrez être du 9 au 11 décembre 2015. Si vous souhaitez contribuer activement à la conférence, vous avez jusqu’au 6 juillet pour soumettre un article. Vous trouverez davantage de détails sur la conférence et sur les modalités d’inscription ici. Rendez-vous à Barcelone!


Kai Jacobs

kaiKai a rejoint le Département des sciences informatiques de l’Université d’Aix-la-Chapelle (RWTH) en tant que membre du personnel technique en 1985. Depuis 1987, il est chef du personnel technique à la chaire “Informatik 4” (systèmes de communication et systèmes répartis).
Vice–Président de l’Académie Européenne de normalisation (EURAS), Kai est également fondateur et rédacteur en chef des revues “International Journal on IT Standards and Standardization Research” et “Advances in Information Technology Standards and Standardization Research” ainsi que de la série de publications EURAS “Contributions to Standardisation Research”. Il a obtenu un doctorat en sciences informatiques à l’Université d’Edimbourg et est un professionnel certifié de la normalization.

 

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